L’importance de la formation continue pour les thérapeutes

Un thérapeute qui termine sa formation initiale maîtrise un socle de techniques et de connaissances cliniques. Trois ans plus tard, une partie de ce socle a déjà bougé : nouvelles recommandations de prise en charge, outils d’évaluation révisés, données probantes qui contredisent d’anciennes pratiques. La formation continue pour les thérapeutes n’est plus un supplément facultatif, c’est le mécanisme qui maintient la pratique alignée sur l’état réel des connaissances.

Certification périodique des thérapeutes : ce que change l’obligation réglementaire

Depuis le 1er janvier 2023, une obligation de certification périodique s’applique à plusieurs professions de santé dotées d’un ordre (médecins, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, chirurgiens-dentistes, entre autres). On parle de cycles de six à neuf ans selon l’ancienneté d’exercice, avec au minimum huit actions réparties sur quatre axes.

Ces quatre axes couvrent l’actualisation des connaissances, l’évaluation des pratiques, l’amélioration de la relation patient et la prise en compte de la santé personnelle du professionnel. Pour un thérapeute en exercice libéral ou salarié, cela signifie que la formation continue conditionne désormais le maintien du droit d’exercer.

Le changement de nature est net. Avant cette obligation, ne pas se former relevait d’un choix professionnel discutable mais sans conséquence administrative directe. Aujourd’hui, le non-respect de la certification périodique expose à des sanctions ordinales. On passe d’une logique de développement souhaitable à une exigence réglementaire qui structure le parcours professionnel sur plusieurs années.

Thérapeute homme suivant une formation en ligne depuis son bureau à domicile entouré de livres de psychologie

Orientations nationales du DPC : santé mentale et relation thérapeutique au centre

Les orientations nationales du Développement Professionnel Continu (DPC) pour la période 2023-2025 intègrent explicitement des priorités liées à la santé mentale, la prévention du suicide et la qualité de la relation thérapeutique. Pour les thérapeutes, psychologues et professionnels du soin psychique, ces orientations ne sont pas anecdotiques.

Concrètement, cela signifie qu’un thérapeute qui choisit une formation sur la relation patient ou sur la prise en charge des troubles anxieux s’inscrit dans un cadre reconnu et financé. Les retours varient sur la qualité des formations disponibles, mais le signal institutionnel est clair : la compétence relationnelle fait partie du périmètre officiel de la formation continue.

Au-delà du technique : former à la posture

On associe souvent la formation continue à l’apprentissage de nouvelles techniques (un protocole, un outil d’évaluation, une méthode thérapeutique). Les orientations actuelles du DPC élargissent le spectre. Un thérapeute peut valider une action de formation en travaillant sur sa posture d’écoute, sur la gestion des situations de crise ou sur l’accompagnement des aidants.

Ce recentrage sur la relation thérapeutique répond à un constat terrain : les patients souffrant de troubles chroniques ou de pathologies mentales évaluent la qualité du soin autant par la relation que par le geste technique. Former les thérapeutes sur cet axe produit des effets mesurables sur l’alliance thérapeutique et l’adhésion au traitement.

Construire un parcours de formation continue cohérent pour un thérapeute

Le piège classique consiste à accumuler des formations sans fil directeur, en suivant les opportunités ou les modes. Un thérapeute qui enchaîne une formation en hypnose, puis une en nutrition, puis une en EMDR sans lien avec sa patientèle réelle se retrouve avec un catalogue de compétences superficielles.

Un parcours de formation cohérent part de la pratique quotidienne. On identifie les situations cliniques récurrentes où l’on manque d’outils, les profils de patients qui posent difficulté, les axes où l’on stagne. La formation vient ensuite combler ces manques précis.

  • Analyser les motifs de consultation les plus fréquents sur les douze derniers mois pour repérer les lacunes techniques concrètes
  • Croiser cette analyse avec les quatre axes de la certification périodique pour couvrir à la fois les besoins cliniques et les obligations réglementaires
  • Privilégier les formations qui incluent une évaluation des pratiques professionnelles (EPP), seul format qui permet de mesurer l’impact réel sur la prise en charge
  • Planifier les actions sur le cycle complet de certification plutôt que de tout concentrer sur la dernière année

Formats de formation : présentiel, e-learning ou mixte

Le choix du format dépend du contenu. Une formation sur un geste technique (manipulation, technique corporelle, protocole de soin) nécessite du présentiel avec supervision. Une mise à jour réglementaire ou une actualisation de connaissances théoriques se prête bien au e-learning.

Les formats mixtes combinent les deux et permettent de réduire le temps d’absence du cabinet. Pour un thérapeute libéral, chaque journée de formation représente une journée sans revenus, ce qui rend la planification et le choix du format d’autant plus stratégiques.

Deux thérapeutes échangeant après un séminaire de formation continue dans un couloir universitaire moderne

Retombées concrètes de la formation continue sur la pratique thérapeutique

On pourrait réduire la formation continue à une contrainte administrative. Sur le terrain, les effets se manifestent différemment. Un thérapeute formé à une approche complémentaire élargit son spectre de prise en charge et peut orienter moins souvent vers un confrère. Un thérapeute qui a travaillé sur la relation patient constate souvent une amélioration du taux de suivi des séances prescrites.

  • L’actualisation des connaissances évite de maintenir des pratiques obsolètes qui peuvent, dans certains cas, nuire au patient
  • La confrontation avec d’autres professionnels pendant les formations crée un réseau d’échange qui perdure au-delà de la session
  • La validation d’actions de DPC structure le dossier professionnel en cas de contrôle ordinal ou de litige

La formation continue pour les thérapeutes ne se limite pas à cocher des cases réglementaires. Elle recalibre la pratique, ouvre des pistes cliniques et sécurise l’exercice professionnel. Avec la certification périodique désormais en vigueur, planifier son parcours de formation devient aussi concret que gérer son agenda de consultations.

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